



Lolita Pille n’est pas prof de français et c’est tant mieux, ça lui permet d’avoir du style, de la niaque, de l’arrogance et de la grâce. On frissonne, on rit, on a presque la larme à l’œil. Et même si elle « n’a rien à la place du cœur » on peut facilement sentir le notre battre à l’unisson avec le sien. Lolita Pille raconte les aventures de Hell, une petit nana tellement bourrée de fric qu’on ne peut même pas l’imaginer, nous, pauvres mortels, et tellement bourrée de « no futur » qu’on peut facilement l’imaginer si on a eu un jour 18 ans.
J’aime bien ce livre, j’ai jamais eu de bottes Prada ni roulé en Porsch, ni mis de substances illicites dans mon nez, ni nagé dans la décadence des « afters » sur les Champs et pourtant, ce bouquin m’accroche et je le garderai dans ma bibliothèque avec d’autres livres qui m’ont émus. Non il ne finira pas sur e-bay et c’est un compliment.
Vous pouvez trouver tout un tas d’avis concernant le bouquin sur http://www.davidimboden.net/pille/pages/presse.html
Pill, Lolita. Hell. Grasset et Pasquelle, 2002. Le Livre de poche n° 300009. 156 pages. 4€50.
Je ne sais plus si je vous ai dit que Françoise Rey était prof de français?

REY, Françoise. Métamorphoses. Editions Blanche, Paris, 2005. Pocket 12690. 169 pages. 5€42.
Sur la quatrième de couverture on peut donc lire « Comme certaines romancières sont des grandes dames du crime, elle est bien la reine de l’érotisme. » Croyez pas que ça m’amuse de dire du mal ( quoi que…) mais Françoise Rey en papesse de l’érotisme… Bon. Son écriture est viellote, viellote et viellote. Elle adore répéter tout trois fois. Elle dira par exemple : elle était vieillotte, ringarde et sentais la naphtaline. A certaines pages ça devient vraiment lourd. Absolument tout est décliné, tant et si bien qu’à a fin de la nouvelle on se dit qu’en évitant de broder comme ça à l’infini elle aurait pu faire trois fois plus court, sûrement trois fois mieux et trois fois plus intéressant, vous voyez comme ça peut devenir très vite chiant, gavant, énervant ,cette manière qu’elle à de remplir de la copie, de broder, d’en rajouter…
« Métamorphoses » est donc un recueil de nouvelles, d’histoires courtes, de short stories qui sentent un peu le renfermé, qui ont besoin de s’aérer, de prendre l’air. L’écriture se veut poétique, onirique, voir séraphique et pour mieux y arriver Françoise Rey se fait « reine de la métaphore », ah, les métaphores ! Quoi de plus érotique que les métaphores? Bah à peu près tout en fait, si vous voulez mon avis.
La reine de l’érotisme nous fait deviner ce qui se passe avec ses mots choisis, raffinés et délicats. Je vous laisse imaginer les corps qui ondulent comme des plantes aquatiques et la houle qui les soulève ! Alalala, c’est trop beau ! Bon bref, de temps en temps ça se lâche et on a un vrai cour de touche pipi. Mais malgré toute la bonne volonté qu’elle peut y mettre, madame Rey manque vraiment de sensualité et devrait moins se contrôler. En la lisant j’ai pensé à Brassens « Quatre-vingt-quinze fois sur cent, La femme s'emmerde en baisant, Qu'elle le taise ou le confesse, C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses ». En tous cas, on s’emmerde en la lisant.
La musique c’est un sacré aide mémoire. Parfois on a envie de faire le voyage dans le passé et parfois on préfère regarder en avant. Les musiques témoins de chaque moment de notre vie, celles qui ne nous quittent jamais, celles qui ne sont que de passages, celles qui s’en vont et qui reviennent.
Les grandes musiques de notre vie et les petits flirts, elles sont comparables à nos amours. Parfois elles les accompagnent et parfois elles sont à elle seule un grand amour. Il y a les musiques qui nous font sourire, celles qui nous apaisent, celles qui mettent la pêche, celles qui nous dépriment un peu mais qui sont si belles et celles qu’on ne peut écouter sans se mettre à pleurer.
Maintenant que j’ai mon petit lecteur MP3 ou je vais pouvoir mettre 4 giga de ma musique il est temps de faire la liste des musiques que je veux avoir toujours avec moi.
Il y aura Dylan, Lou Reed, Simon et Garfunkel, Nina Simon, Louis Armstrong, Chopin, Madonna, Paolo Conte… Mouais, je ferai de faire une feuille excel ! I’ll be back !
Il y a quelques jours j’ai terminé « Le chat qui jouait aux dominos » de Lilian Jackson Braun et j’ai décidé de faire un brake. Pas une séparation, un brake (« We were on a brake ! », si vous ne comprenez pas cette blague allez directement en prison et ne touchez pas 20 000 francs). Donc, après avoir relu (y’en a bien qui relise Proust…) le seizième de la série « Le chat qui.. » je me suis dit qu’il fallait peut-être changer un peu d’air : le grand nord des Etats-Unis, là où ça fait frontière avec le Canada, ça commence à bien faire. Et puis si je termine la série (il y en a peu près trente opus (comme dirait le « héro ») je vais me retrouver comme une conne. Mieux vaut rompre avant d’être quittée, je veux dire, faire un brake et je reviendrai plus tard.
Alors "le chat qui… " c’est quoi ?
Un type poivre et sel, grand, mais un peu bedonnant, un peu radin par habitude d’être plus fauché que les blés qui devient milliardaire par miracle dans un bled paumé de chez paumé de l’Amérique plus que profonde. Il continue à être un peu radin, poivre et sel et bedonnant. Il a deux chats siamois un peu médiums, mais faut le dire à personne, car les gens se moqueraient de lui. Sa copine a 55 berges comme lui, elle est grisonnante comme lui et vraiment trop grosse, incollable en opéra et en littérature classique. Bref, c’est follement amusant.
D’autant plus que le héro, Qwilleran (qui est d’origine écossaise et qui nous gave avec ça à longueur de bouquin) affectionne un vieux pyjama tout pourrit et ne bois pas une goute d’alcool parce que c’est un alcolo repenti, quoi de pire ? C’est comme un fumeur repenti… Quoi de pire que de penser toute la journée à la clope qu’on voudrait bien allumer ?
Donc, ces bouquins sont mortels et c’est pour ça que je les aime : Qwil passe son temps à bouffer au resto et a acheter des cadeaux ringards pour sa copine et en en fait je ne sais toujours pas si je lis ces histoires au premier ou au deuxième degré… Il faut aussi dire que la traductrice est à vouer aux gémonies tant ses traductions sont paresseuses et ça me fait bondir, mais les lire en anglais c’est trop fatigant, alors je fais comme la traductrice, je les lis en français, ça va plus vite.
Et bien sûr il y a un assassinat par an dans ce bled et Qwil, avec l'aide de ses chats, trouve toujours qui est l'assassin avant la fin.
Sur ma table de nuit il y a en ce moment :
Patrick Modiano, Un Pédigrée. Sylvie Testud, Il n’y a pas beaucoup d’étoiles ce soir. John Irving, La quatrième main. Justine Lévy, Le rendez-vous. Lolita Pille, Hell. Et Françoise Rey, Métamorphoses.
J’ai commencé par le Françoise Rey, professeur de français en lycée, réputée comme la reine de l’érotisme. Reine de l’érotisme, je sais pas, ça me saute pas aux yeux à la page 21, mais je vous en dirai plus la prochaine fois. En tous cas, ce qui est certain, c’est que c’est bien une prof de lettres. On va dire que c’est écrit avec de jolis mots et que parfois les mots sont un peu trop jolis. Un petit aperçu, en amuse bouche, avant que je vous ponde l’article de fin de lecture.
« Comme un instrument, elle s’exaltait, comme une mer d’épis, elle ondulait, offerte à la joie de ce miracle, de ce rêve inattendu et divin qui la comblait en promettant de la combler plus encore »… Niaf, niaf, niaf, on nage en plein érotisme là, rigolez pas, ça a fait scandale dans les milieux littéraire ! On a parlé que d’elle il y a dix ans. Mouais. Bof. Plof. Pas de quoi grimper aux rideaux. Allez bisous, ciao, bonsoir.

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